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Le numéro 0 de Regards Croisés s'adressait en priorité aux Etudiants de l'Université d'Avignon et aux étudiants du Kosovo alors en France. Nous espérons que cette tribune d'expression ouverte aura longue vie et comptons beaucoup sur votre participation ponctuelle. La revue a besoin d'élargir ses sujets et ses compétences vers les Lettres et les Sciences. L'élaboration du numéro 0 s'est faite dans l'urgence ; elle a été décidée le 19 mai 1999, pour faire suite à la rencontre des étudiants entendus à l'université et des réflexions d'un juge de la cour suprême du Kosovo, lui aussi réfugié… Il nous avait semblé indécent de ne pas réagir aux témoignages poignants émanant des réfugiés que nous avons pu entendre ce jour-là. C'était aussi pour nous une façon de dépasser le ton de la déploration dont le spectacle de l'information - ou l'information du spectacle - faisaient notre pain quotidien depuis trois mois. Aussi fallait-il « être du bond » comme dit René Char, ne pas écrire un épilogue…
La création de Regards Croisés enregistre et fédère modestement nos réactions communes contre l'emprise croissante des mécanismes de la consommation sur la culture… La revue ne se limite pas à des sujets de géopolitique ou d'histoire, même si le sommaire est organisé autour d'un sujet donné. A cette heure les rédacteurs sont tous étudiants et enseignants chercheurs, littéraires, philosophes, historiens et géographes. Nos portes sont grandes ouvertes à toutes les compétences teintées de la même éthique indépendante et des mêmes exigences foncières auxquelles nous nous appliquons...
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